Le parfum - effluves d'une critique

Publié le par iftol

Le Parfum - Tom Tykwer - Sortie le 4 Octobre 2006

     

Adapter un Best-seller n’est pas chose aisée...Traduit en plus de 45 langues et vendu à 150 millions d’exemplaires, le roman « le parfum » de l’écrivain allemand Patrick Süskind écrit en 1985 a dechainé les passions. Longtemps jugé instransposable au cinéma, il a vu  defiler de nombreux et grands cinéastes qui ont tous laisser tomber. D’autant plus de Patrick Sûskind, proche de l’autisme, n'est pas homme à donner son aval aussi facilement…expeté peut-être pour Stanley Kubrick mais trop tard. Ainsi Kubrick, Scorcese,Forman, Spielberg ou encore Tim Burton se sont cassés les dents sur le projet.

 C’est donc à Tom Tykwer qui a eu du nez (facile, je sais...) (Cours, Lola Cours et Heaven) et qui a été en charge de nous sentir, ressentir ce roman !

L’histoire raconte la vie de Jean-Baptiste Grenouille dans un Paris du XVIIIe siecle. Ejecté dans le monde entre les entrailles et les possons aux allures cadavériques, abondonné par sa mère, receuilli dans un orphelinat, Jean-Baptiste travaille sa seule aptitude, un odorat extraordinaire…qui lui permet de sentir les choses et même…les ressentir. Proche de l’autisme, il ne communique que très peu avec les gens. Mais lors d’une escapade dans la ville parsienne, son falir croise les effluves corporelles d’une jolie rousse (l'auteur a l'être d'être obsedé par les rousses d'ailleurs.). Ces senteurs le perturbe…jusqu’à la tuer. Déçu que ces doux relents se soient evaporés, il fera tout pour capturer et conserver ces emanations olfactives.

 

On peut dire que Tom Tykwer a le souci du detail technique…En effet, Paris et de manière generale la France sont admirablement transposées à l’ecran. La reconstitution est bluffante et les caméras n’hesitent pas à titiller les sols suintants de Paris, l’etroitesse de ses rues, son insécurité et ses vils habitants…le tout aidé par une photographie magnifique même si la musique, composée par le réalisateur lui-même est repetitive.

Le defi du réalisateur consistait à nous faire ressentir et pourquoi pas sentir toute la puanteur et les fetidités de Paris, les douceurs et les delicates exhalaisons de la Provence ( Grasse). Autant le cinéma atteint facilement notre visuel et auditif, il n’en va pas de même pour les autres sens et encore moins pour l’olfactif.

Seul peut-être le goût…voire le degoût nous parvient quand les etables de poissons pourries et de cadavres de rats jonchants le sol sont filmés en gros plans. Mais point d’odorat.

Evidemment on fait appel à nos souvenirs quand on voit une averse de roses à l’ecran…Toutefois, l’essence que l’on devrait ressentir n’est pas là.

Du côté des acteurs, le rôle principal de jean-Baptiste Grenouille est parfaitement tenu par Ben Wishaw crédible et obstiné dans sa recherche de la fragrance ultime, on regrette la courte mais magistrale apparition de Dustin Hoffman ( Baldini ) en maître et professeur de Grenouille et enfin, nous sommes surpris de la petite apparaition de notre petite française Sarah forestier.

Enfin, côté sceanrio, on a « plaisir » a suivre la quête chevronée de JB Grenouille  la recherche de cette odeur (âmes ?) perdue…Obsedé par cette première odeur, inoubliable, entêtante, qu’il ne peut maintenant que ressentir, il cherche…et tue, esperant la retrouver et la conserver…afin de créer Le Parfum ultime.

La naïveté de certaines scenes m’ont déçu ( la frêle jeune fille se retrouvant seule au milieu d’un Paris des plus dangereux), et ce final !

 

Une scene en odeur de sainteté ( vous comprendrez en regardant le film ;-)

 

Mais qu’est-ce que ce final, troublant, à ne pas mettre devant tous les yeux, il n’est pas amené de manière douce et se revèle brutal surement l'exact contraire du dessein du réalisateur. Certes c’est beau et très joliment choregraphié mais en plus d’être osé, il se revèle très dangereux pour le réalisateur. Cette scene partagera surement de nombreux cinéphiles et du succés de cette scene et de sa credibilité à nos yeux dependra le succés du film.

 

En Résumé

Même si les effluves voulues par le réalisateur n’atteignent pas notre tarin, on ne peut que feliciter le côté technique du film et la prestation de Ben Wishaw en Jean-Baptiste Grenouille. Exceptés  un « bouquet » final aux relents provocateurs et queqlues naïvetés scenaristiques, le film conserve toutefois des emanations de sent-bon !

Note

Publié dans Cinéma - Tv

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