Les fils de l'homme - la critique.

Publié le par iftol

Les fils de l'homme ( Children of men ) - Alfonso Cuaron - sortie le 18 Octobre 2006.

 

      

Avec « les fils de l’homme », adaptation du roman homonyme de P.D. James, Alfonso Cuaron nous plonge dans un avenir proche, chaotique et pessimiste mais surtout dans une merveille d’anticipation.

 

 

 

2037, la fertilité n’est plus de ce monde. Suite à de sombres raisons, les femmes ne peuvent plus enfanter, la population viellit et l’espoir diminue comme peau de chagrin. C’est donc dans un monde chaotique où seul la patriotique Angleterre semble survivre que l’on suit le morne quotidien de Théo ( Clive Owen ). Alors que les « refugiés » tapent fortement aux portes de l’Angleterre, on apprend la mort du plus jeune être humain qui disparaît à l’âge de 18 ans. Quand une organisation militante et anti-gouvernementale contacte Théo et lui demande de conduire une jeune femme au-delà du camp des refugiés, celui-ci refuse jusqu’à ce qu’il se rend compte de l’enjeu. La jeune femme est enceinte !

 

 

Alfonso Cuaron, voilà un nom qui prend de l’importance avec le temps. En plus d’avoir admirablement sevi sur le dernier Harry potter ( Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban) insufflant un peu plus de noirceur et de maturité sur la franchise, le réalisateur méxicain est egalement producteur, et epaule Guillermo Del Torro sur le magnifique Labyrinthe de Pan.

Fin technicien, « Les fils de l’homme » lui donne l’occasion de se lacher. Et quand il se lache, le gaillard nous met une sacrée claque !

On en sort tout bouleversé, ebourrifé par tant de virtuosité. C’est bien simple, je n’avais jamais vu « ça » au cinéma !

Quand je parle de « ça », ceux sont surtout ces plans-sequences. Oui, evidement j’en avais entendu parler avant d’aller voir le film, mais je ne m’attendais pas à ce que ca soit aussi intense, aussi immersif..Waouu !

 

Du début à la fin, le rythme est endiablé, la caméra virevolte, elle devient subjective, faisant passer la fameuse vue subjective ultra-mediatisée de Doom pour du pipi de félin domestique. Le rendu à l’ecran est epoustouflant et l’image est extrement immersive. Pour ceux qui connaissent le jeu vidéo, j’avais l’impression de participer à la scene d’ouverture d’  « Half-Life ».

Que ce soit la scene de depart, explosive, la scene de la voiture, affolente de réalisme et de mise en scene, ou la scene de l’accouchement qui a réussit à m’extirper une larme, tout, absolument tout est cadré, orchestré, planifié…MAGISTRAL !


Le Plan-sequence ( wikipedia )

Au cinéma, un plan-séquence est filmé d'une seule traite, et restitué tel quel dans le film final, c'est à dire sans montage ou interruption de point de vue (sans plan de coupe, fondu, volet ni contre-champ). Il a une unité sur le plan narratif (c'est une séquence) et sur le plan technique (c'est un plan), d'où son nom.

(...)Le plan-séquence est souvent difficile à maîtriser, notamment en cas de mouvements de caméra et d'acteurs, car il faut étudier le champ de la caméra (moment où les acteurs entrent et sortent du champ, les accessoires comme les micros et projecteurs ne devant pas être vus…). D'où la nécessité de le répéter avant, pour que tous les intervenants (acteurs et techniciens) s'accordent.


 

 

Le travail sur les decors est Dantesque, et même "Dantec", tellement la vision apocalyptique de ce film me rappele celle de Dantec dans Babylon Babies. C’est bien simple, on se croirait sur un site de guerre comme dans cette scene marquante, où l’on suit Théo ( Clive Owen) coincé entre deux feux essayant de se faufiler à travers les gravas, l’objectif de la caméra, et notre vision brouillées par des taches de sang. Une scene qui semble durer une eternité, ponctuée par des explosions qui vous font trembler les os.

 

 

Les acteurs ne sont pas en reste, avec en première place la remaquable interpretation de Clive Owen qui acceptant la fatalité au début du film, se retrouve tranformé malgré lui en sauveur de l’humanité. Julianne Moore, même si elle apparaît trop brièvement est toujours aussi sublime et enfin, une mention speciale pour Mickael Caine, jouant un Jasper hippie et boute-en-train, toujours prêt pour la gaudriole , cultivant sa propre herbe et vivant loin du monde.

 

 

Enfin, les messages sous-jacents sont perceptibles mais subtiles. Cuaron fustige un etat proche du totalitarisme, distribuant des kit de suicide pour une population sans espoir et metant tout ce ne qui cadre pas avec les « bien-pensant » dans le coin des refugiés ( etrangers, noires, musulmans, boudhistes…). Ainsi, ces derniers sont parqués dans des cages et tabassés ou eliminés sans vergogne. Mais c’est de ces lieux que nait l’espoir, et le fait d’avoir choisit une femme noire comme berceau de l'espoir n’est pas denué de sens. Sans compter les differentes references esoteriques du film…

 

En Résumé Oublier Minority Report, Les fils de l’homme est Le film d’anticipation de ces dernières années. Soutenu par d’excellents acteurs, une mise en scene Dantesque et des decors criant de réalisme, Cuaron nous offre un film de toute beauté, des moments  intenses et forts et nous livre sa definition du cinéma. Je n’ai qu’un seul reproche…sortez-moi vite ce DVD !
Note

 

 

 

Publié dans Cinéma - Tv

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