Le dahlia Noir, Noirceurs d'une Amerique...

Publié le par iftol

Le Dahlia Noir - Brian De Palma - Sortie le 6 Novembre.



Le Dahlia Noir, fait divers qui défia la chronique de la fin des années 40 aux Etats-Unis et principalement à Los Angeles a inspiré beaucoup et rendu obsessionnels beaucoup d'autres. James Ellroy tombe dessus à l'age de 11 ans, depuis il ne lache plus cette affaire, lui rappelant le meurtre de sa propre mère quelques mois plus tôt...

Sûrement dans un obsessionnel besoin cathartique, il en sortira « The Black Dahlia ».

Le livre de James Ellroy m'avait troublé, cette plongée dans les abîmes de deux ex-boxeurs devenus flics dans une Amérique corrompue, faisant la part belle aux gros bras m'avait tenu en haleine. Alors évidemment, l'adaptation de Brian DePalma était immanquable !



Au commencement, il y'eut le synopsis

Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s'attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville.
Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice... ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l'enquête commence...


Autant le nom Brian DePalma suffit à attirer les foules, autant il est souvent synonyme de technique irréprochable et de casting fabuleux !



Ce qui saute aux yeux, c'est le travail sur l'image. La photographie et la lumière sont magnifiquement gérées rendant les noires plus profonds et teintant son film d'une couleur sépia accentuant l'effet de film noir...les rares lueurs provenant des éclats de la belle Kay ( Scarlett Johanson). Un travail que l'on imagine titanesque et qui rappelle fortement celui des sentiers de la perdition

DePalma filme avec assurance, de la lenteur des travellings aux vertigineuses vues panoramiques, tout est fluide et sans anicroches. Il se permet même quelques originalités comme ce plan qui présente en vue subjective la famille Linscott sous l'oeil de Bucky. Par ailleurs, il ne se sépare pas de sa fameuse caméra à double lentille qui permet de voir un personnage en premier plan et une action extrement nette en second plan. Utilisée à merveille, elle renforce le côté narratif et romanesque de l'histoire contée par la voix rauque et profonde de Josh Harnett (en version originale en tous les cas!). Enfin, la musique jazzy colle parfaitement aux tons du film.

 

----------------------------------------------------------------------

Ellroy a été inspiré par le livre de Victor Hugo de 1869, «L'homme qui rit», l'histoire d'un roi qui taille un sourire grotesque sur le visage de sa victime. Ce personnage a inspiré au créateur de bande dessinée Bob Kane le Joker dans «Batman».

-----------------------------------------------------------------------



Côté acteur, le film est un pur bonheur ! Lee le Feu et Bucky la Glace, jouée respectivement par Aaron Eckhart et Josh Hartnett sont excellents de justesse et la descente aux enfers de ce petit monde est parfaitement transcrite. Mia Kirshner qui joue Elizabeth Short alias le Dahlia Noir étonne dans ce rôle de belle désespérée.Quand dans le livre, on suivait sa vie avec le regard de témoin, Brian DePalma choisit à raison de donner de l'ampleur à son rôle par le biais d'un film dans le film. C'est d'ailleurs la voix de DePalma que l'on entend dans ces passages.

Scarlett Johansson confirme son statut d'icône sexy dans le rôle d'une Kay envoûtante, quant à Hilary Swank, elle séduit par son rôle trouble de Madeleine.

Un clin d'oeil tout de même pour Fiona Show qui joue le rôle d'une Ramona Linscott complètement barrée et à l'apparition de notre Mia Frye nationale qui assure un petit rôle et qui s'est également occupée de la chorégraphie de la scène dansante du film.



Evidemment le film n'est pas exempt de tout défaut...

Ellroy fascine avec des personnages complexes et torturés, qui même s'ils sont du on côté, sont capables de flancher et de tomber dans les côtés les plus pervers de l'humain.

Retranscrire cela en film n'est pas mince à faire et le livre est déjà assez difficile à suivre de par ses nombreuses intrigues et personnages. D'autant plus que de nombreux pans du livre ont été amputés (le voyage au Mexique...)

Alors, même si on ne peut pas blâmer DePalma d'avoir voulu retranscrire au plus près le livre, le film aurait mérité un scénario un peu plus clair, et des intrigues plus lisibles...peut-être même un certain écrémage des personnages intervenants.

Ainsi, pour ceux qui n'ont pas lu le livre ( dont je vous conseille fortement la lecture), le film méritera peut-être un deuxième visionnage afin d'en comprendre toutes les subtilités.



En Résumé
Casting bluffant et technique irréprochable, Non, DePalma n'est pas mort.
Il nous prouve avec cette tant attendue adaptation que ses qualités artistiques sont toujours au rendez-vous. Un film complexe et noir, profond et trouble qui vous conduira dans une Amérique fait de corruptions et de désillusions : De la noirceur au pied d'Hollywood...du pur Ellroy !
Note

Publié dans Cinéma - Tv

Commenter cet article