Babel, la critique

Publié le par iftol

Babel - Alejandro González Inárritu - Sortie le 15 Novembre 2006

La tour de Babel se construisait, tous les hommes, les peuples se reunissaient pour empiler pierre après pierre et prouver qu'ils pouvaient être l'egal de Dieu. Mais Dieu, devant cet affront et cet exces de fierté de l'homme fit abbatre sur le monde des langues differentes et des cultures differentes. Les hommes ne s'entendant plus, la tour fut inachevée...

C'est sous angle de la difference des cultures et le desormais habituel cause/consequence ( effet papillon) qu'Inarritu centre son film...

Il etait une fois, un fusil...

En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

Après le choc que m'a procuré 21 Grammes, il me tardait de decouvrir Babel, d'autant plus que cette réalisation allait être achever la trilogie sur le chaos et la destinée ( Amours chiennes, 21 Grammes et Babel) et la collaboration entre Inarritu et Arriaga ( le scenariste).

Et de quelle maniere !!

Sous l'angle d'un couple américain en voyage au Maroc, d'une sourde-muette vivant à Tokyo et d'une nourrice en sejour au Mexique, on obtient 3 points de vue...trois mondes totalement differents. Et on perçoit l'impact et le choc culturel quand un des mondes rencontre l'autre. Parrallelement à ça, tous ces personnages sont liées entre eux par la fatalité et les mauvais choix...Une plongée dans un enfer dont on ne peut plus controller les consequences...

Du simple voyage d'un touriste japonais, on tombe dans la crainte du terrorisme au Maroc et dans l'immigration clandestine au Mexique...Les peurs et prejugés du moment...de toujours...

Sans les developper à 100%, Inarritu pose les bases de ces peurs et ces meconnaissances qui provoquent repulsions et incomprehensions. Même si l'episode japonais ne semble pas avoir de lien definit avec les deux autres situations, il n'en est pas moins interessant sur le plan de l'integration.

Sourde et Muette dans un monde où la technologie regne de manière presque abusive, une jeune japonaise tente de se faire accepter, de se faire comprendre...Cet episode est l'occasion pour Inarritu d'user d'artifices avec la sequence de la boite de nuit vue par la jeune fille où l'on passe d'un monde bruyant à la nuit noire de surdité de la jeune fille.

L'experience, la culture, les references faisant de nous quelqu'un d'unique, les attitudes et traditions de l'autre peuvent nous paraitre choquantes...anisi quand les deux enfants sont encouragés à courir après un poulet au Méxique et de l'attrapper, ils sont effarés de decouvrir comment le poulet est decapité à mains nues...

Plus fort est cette sequence où l'americaine mourrante, blessée par balle est protegée par une vieille grand-mère marocaine...cette dernière en toute quietude allume une pipe d'herbes. Rires plus ou moins contenus dans la salle...jusqu'à ce la grand-mère offre cette pipe à l'americaine, cette dernière se calme, son souffle s'apaise et s'endort. Issu de cette même tradition, je n'ai eu aucune envie de rire, et j'avoue ne pas avoir compris ces rires...Et c'est evidemment là où le film est puissant...Auncun regard ne voit le même film !

A côté de celà il faut applaudir la prestation des acteurs et notemment celle de Bratt Pitt. Vieilli, les cheveux poivres et sel, il livre une interpretation remarquable...Cate Blanchet est credible en femme craintive, Gael Garcia Bernal est troublant de naturel, et réussit à me faire oublier le sale episode de la "science des rêves"...

Alors on s'attriste de cette separation entre Inarritu et Arriaga, mais comme l'a prouvé Paul Haggis ( Collision) avec Clint Eastwood, les separations peuvent être très benefiques pour nous...

En Résumé

Un film puissant sur l'incomprehension des cultures. Magnifique et fort, il jette nos prejugés en pleine poire et nous offre un Brad Pitt à sa juste valeur. Comme le disait un critique : Même votre voisin, si proche  qu'il soit, ne verra pas le même film que vous et c'est là où le film est fort !

Note

Publié dans Cinéma - Tv

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